Écliptique
L’écliptique constitue l’un des repères astronomiques fondamentaux utilisés en astrologie. Il correspond au trajet apparent du Soleil sur la sphère céleste au cours d’une année, tel qu’il est observé depuis la Terre.
Dans la réalité astronomique, la Terre accomplit sa révolution autour du Soleil. Mais depuis le point de vue terrestre adopté pour construire une carte du ciel, le Soleil semble se déplacer devant le fond céleste. La ligne correspondant à ce déplacement apparent constitue l’écliptique.
L’écliptique sert de référence pour définir le zodiaque et mesurer la position des planètes en longitude.
Une représentation géocentrique
Le thème astrologique est construit à partir de la position d’un observateur situé sur Terre.
Le point de vue est donc géocentrique.
Cela signifie que la carte représente :
le Soleil tel qu’il apparaît depuis la Terre ;
la Lune telle qu’elle apparaît depuis la Terre ;
les planètes telles qu’elles apparaissent depuis la Terre ;
leurs positions relatives dans le ciel ;
leur rapport à l’horizon et au méridien du lieu considéré.
Le géocentrisme astrologique n’affirme donc pas que la Terre est physiquement immobile au centre du système solaire.
Il constitue un système de référence d’observation.
Le mouvement apparent du Soleil
Au cours d’une année, le Soleil semble parcourir progressivement le ciel.
Son déplacement apparent moyen est proche de :
360° en une année ;
environ 30° par mois ;
approximativement 1° par jour.
Après une révolution annuelle complète, le Soleil revient approximativement à la même longitude zodiacale.
Ce mouvement constitue l’un des fondements du lien entre :
écliptique ;
année solaire ;
zodiaque ;
cycle des signes.
L’écliptique comme grand cercle céleste
L’écliptique peut être représenté comme un cercle de 360° autour de la sphère céleste.
Cette représentation permet de mesurer les positions selon une longitude.
Ainsi, toute position peut être exprimée par une distance angulaire comptée sur l’écliptique :
0° ;
30° ;
90° ;
180° ;
270° ;
jusqu’à 360°, qui ramène au point de départ.
Le cercle zodiacal constitue une organisation de cette référence en douze secteurs.
Écliptique et plan de l’orbite terrestre
D’un point de vue héliocentrique, l’écliptique correspond au plan de l’orbite de la Terre autour du Soleil, projeté sur la sphère céleste.
Deux descriptions deviennent donc possibles.
Point de vue héliocentrique
la Terre tourne autour du Soleil ;
son orbite définit un plan ;
ce plan est celui de l’écliptique.
Point de vue géocentrique
le Soleil semble tourner autour de la Terre ;
sa trajectoire apparente annuelle dessine l’écliptique sur la sphère céleste.
Ces deux descriptions concernent la même géométrie observée à partir de deux référentiels différents.
Écliptique et équateur céleste
L’écliptique ne se confond pas avec l’équateur céleste.
L’équateur céleste correspond à la projection de l’équateur terrestre sur la sphère céleste.
Les deux plans sont inclinés l’un par rapport à l’autre d’environ 23,4°.
Cette inclinaison correspond à l’obliquité de l’axe terrestre.
Il faut donc distinguer :
équateur céleste : prolongement de l’équateur terrestre ;
écliptique : plan de l’orbite terrestre et trajet apparent annuel du Soleil.
L’intersection de ces deux grands cercles produit deux points particulièrement importants.
Les deux équinoxes
L’écliptique croise l’équateur céleste en deux endroits.
Ces intersections correspondent aux équinoxes.
Équinoxe de mars
Le Soleil traverse l’équateur céleste dans un sens.
Ce point constitue, dans le zodiaque tropical :
0° Bélier.
Équinoxe de septembre
Le Soleil traverse à nouveau l’équateur céleste dans le sens opposé.
Ce point correspond à :
0° Balance.
Ces deux positions sont séparées de 180° sur le cercle zodiacal.
Le point vernal
Le point correspondant à l’équinoxe de mars est appelé point vernal.
Il joue un rôle essentiel dans le zodiaque tropical.
Il constitue :
le point zéro des longitudes zodiacales ;
le début du Bélier ;
le départ du cercle zodiacal ;
la référence à partir de laquelle sont mesurés les 360° du zodiaque.
La progression commence donc :
0° Bélier = longitude 0° ;
0° Taureau = longitude 30° ;
0° Gémeaux = longitude 60° ;
etc.
Le point vernal fournit ainsi l’origine du système zodiacal tropical.
Les solstices
Entre les deux équinoxes se trouvent deux autres points fondamentaux de l’écliptique.
Ils correspondent aux positions où le Soleil atteint son éloignement maximal au nord ou au sud de l’équateur céleste.
Dans le zodiaque tropical :
0° Cancer correspond au solstice de juin ;
0° Capricorne correspond au solstice de décembre.
Les quatre points fondamentaux deviennent donc :
0° Bélier : équinoxe ;
0° Cancer : solstice ;
0° Balance : équinoxe ;
0° Capricorne : solstice.
Ils divisent le cercle en quatre secteurs de 90°.
L’écliptique et les saisons
L’alternance des saisons résulte de l’inclinaison de l’axe terrestre par rapport au plan orbital.
Dans la représentation géocentrique, cette réalité apparaît à travers la relation entre :
l’écliptique ;
l’équateur céleste ;
les équinoxes ;
les solstices.
Le cycle annuel peut ainsi être organisé en quatre grandes phases.
Première phase
0° Bélier → 0° Cancer
Deuxième phase
0° Cancer → 0° Balance
Troisième phase
0° Balance → 0° Capricorne
Quatrième phase
0° Capricorne → retour à 0° Bélier
Cette structure constitue l’une des bases géométriques du zodiaque tropical.
De l’écliptique au zodiaque
L’écliptique et le zodiaque ne doivent pas être strictement confondus.
L’écliptique est avant tout une ligne de référence astronomique.
Le zodiaque constitue le système utilisé pour organiser les positions autour de cette ligne.
Il est possible de distinguer :
Écliptique
ligne centrale ;
trajet apparent annuel du Soleil ;
cercle de référence de 360°.
Zodiaque
système de repérage organisé autour de l’écliptique ;
division en douze signes ;
attribution d’une longitude aux facteurs astrologiques.
Dans le zodiaque tropical, l’écliptique est divisée en douze secteurs égaux de 30°.
Pourquoi les planètes se trouvent généralement près de l’écliptique
Les orbites des principales planètes du système solaire se situent dans des plans relativement proches du plan orbital terrestre.
Depuis la Terre, elles apparaissent donc généralement dans une bande située autour de l’écliptique.
Le Soleil reste, par définition, sur l’écliptique.
Les autres facteurs peuvent posséder une latitude au nord ou au sud de celle-ci.
Il faut donc distinguer :
longitude écliptique : position le long du cercle ;
latitude écliptique : distance au nord ou au sud de l’écliptique.
Longitude écliptique
La longitude écliptique constitue la coordonnée principalement utilisée dans le thème astrologique.
Elle indique où se trouve un facteur sur le cercle de 360°.
Par exemple :
Mars à 18° Lion
correspond à :
120° pour le début du Lion ;
18° dans le signe ;
soit une longitude écliptique de 138°.
La longitude permet notamment de déterminer :
le signe occupé ;
le degré zodiacal ;
les distances entre planètes ;
les aspects.
Latitude écliptique
Une planète ne se situe pas nécessairement exactement sur l’écliptique.
Elle peut se trouver légèrement :
au nord ;
ou au sud.
Cette distance est appelée latitude écliptique.
Ainsi, une position céleste complète peut comporter deux coordonnées :
longitude ;
latitude.
En astrologie courante, l’interprétation du thème natal utilise principalement la longitude zodiacale.
La latitude intervient dans des techniques plus spécialisées.
Le Soleil comme cas particulier
Le centre apparent du Soleil se trouve toujours sur l’écliptique.
Sa latitude écliptique est donc, par définition, nulle ou pratiquement nulle dans ce système de référence.
Son déplacement apparent permet de parcourir successivement les 360° du zodiaque au cours de l’année.
Il constitue ainsi le facteur qui rend immédiatement visible la relation entre :
écliptique → zodiaque → année.
Écliptique et aspects
Les aspects astrologiques sont généralement calculés à partir des différences de longitude écliptique entre les facteurs.
Si deux planètes sont séparées de :
environ 0° → conjonction ;
60° → sextile ;
90° → carré ;
120° → trigone ;
180° → opposition.
L’écliptique fournit donc la géométrie de référence qui permet de mesurer les relations angulaires entre les planètes.
Exemple de calcul
Une planète se trouve à :
10° Bélier
Sa longitude est :
10°.
Une seconde planète se trouve à :
10° Cancer
Sa longitude est :
100°.
La différence est :
100° − 10° = 90°.
Les deux planètes forment donc un carré exact en longitude zodiacale.
La géométrie des aspects repose ainsi sur le cercle écliptique de 360°.
Écliptique et signes zodiacaux
Le zodiaque tropical divise l’écliptique en douze portions égales :
Bélier : 0°–30° ;
Taureau : 30°–60° ;
Gémeaux : 60°–90° ;
Cancer : 90°–120° ;
Lion : 120°–150° ;
Vierge : 150°–180° ;
Balance : 180°–210° ;
Scorpion : 210°–240° ;
Sagittaire : 240°–270° ;
Capricorne : 270°–300° ;
Verseau : 300°–330° ;
Poissons : 330°–360°.
Les signes constituent donc des secteurs de longitude, et non des morceaux de taille variable.
Écliptique et constellations
L’écliptique traverse également plusieurs constellations astronomiques.
Il faut cependant distinguer :
Les constellations
ensembles d’étoiles ;
tailles inégales ;
limites astronomiques propres.
Les signes astrologiques
secteurs abstraits de l’écliptique ;
exactement 30° chacun ;
définis selon un système zodiacal.
L’écliptique constitue donc une réalité astronomique commune, mais la manière de la diviser dépend du système de référence choisi.
Zodiaque tropical et point vernal
Dans le zodiaque tropical, le 0° Bélier reste défini par le point vernal.
Le système ne dépend donc pas de la position actuelle de la constellation astronomique du Bélier.
Cette distinction est liée à la précession des équinoxes.
Le point vernal se déplace lentement par rapport au fond des étoiles.
Il faut donc distinguer :
le repère équinoxial ;
le fond des constellations.
Le zodiaque tropical conserve le premier comme origine.
La précession des équinoxes
L’axe de rotation de la Terre change lentement d’orientation au cours d’un très long cycle.
Ce phénomène provoque un déplacement progressif des points équinoxiaux par rapport aux étoiles.
Ainsi, le point vernal ne reste pas éternellement devant la même constellation.
Cette précession explique pourquoi :
signes tropicaux ;
constellations ;
ne coïncident plus comme ils ont pu approximativement le faire à certaines périodes historiques.
Elle ne modifie cependant pas la définition du zodiaque tropical, puisque celui-ci reste ancré sur l’équinoxe.
Écliptique et équateur : deux systèmes à ne pas confondre
Plusieurs coordonnées peuvent être utilisées en astronomie.
Système écliptique
Il utilise :
longitude écliptique ;
latitude écliptique.
Système équatorial
Il utilise notamment :
ascension droite ;
déclinaison.
L’astrologie zodiacale travaille principalement avec le premier système pour déterminer les positions dans les signes.
Cette distinction est importante, car une longitude zodiacale et une déclinaison ne désignent pas la même mesure.
Écliptique et horizon
L’écliptique doit également être distinguée de l’horizon local.
L’écliptique dépend de la géométrie orbitale de la Terre.
L’horizon dépend :
du lieu ;
de la latitude géographique ;
de l’heure considérée.
Le cercle zodiacal est donc traversé différemment par l’horizon selon :
l’heure ;
le lieu ;
la date.
Cette rencontre entre zodiaque et horizon intervient directement dans le calcul de l’Ascendant et des maisons.
Écliptique et Ascendant
L’Ascendant correspond au point de l’écliptique qui se lève à l’horizon oriental au moment et au lieu considérés.
Il appartient donc simultanément :
au zodiaque ;
à l’écliptique ;
à l’horizon local.
Sa longitude zodiacale détermine :
son signe ;
son degré.
Cette définition montre pourquoi l’Ascendant dépend fortement :
de l’heure de naissance ;
du lieu de naissance.
Écliptique et Milieu du Ciel
Le Milieu du Ciel est également déterminé à partir de la relation entre plusieurs grands cercles célestes.
Sa longitude zodiacale situe un point particulier de l’écliptique par rapport au méridien local.
L’écliptique participe donc à la construction de plusieurs repères essentiels du thème :
signes ;
Ascendant ;
Milieu du Ciel ;
maisons ;
positions planétaires.
Plusieurs niveaux à distinguer
Niveau 1 — Réalité astronomique
orbite terrestre autour du Soleil ;
plan orbital ;
inclinaison par rapport à l’équateur céleste.
Niveau 2 — Apparence géocentrique
déplacement annuel apparent du Soleil ;
trajectoire apparente sur la sphère céleste.
Niveau 3 — Géométrie
cercle de 360° ;
longitude ;
latitude ;
rapports angulaires.
Niveau 4 — Construction zodiacale
point vernal ;
douze secteurs de 30° ;
signes astrologiques.
Niveau 5 — Utilisation astrologique
positions planétaires ;
degrés ;
aspects ;
Ascendant ;
organisation du thème.
Ces niveaux sont liés, mais ne doivent pas être confondus.
Une chaîne de compréhension fondamentale
La logique générale peut être résumée ainsi :
la Terre tourne autour du Soleil ;
depuis la Terre, le Soleil paraît accomplir un tour annuel ;
ce trajet apparent définit l’écliptique ;
l’écliptique fournit un cercle de référence de 360° ;
ce cercle peut être divisé en douze secteurs zodiacaux de 30° ;
les positions planétaires sont repérées par leur longitude ;
leurs distances permettent de calculer les aspects.
L’écliptique constitue ainsi le socle géométrique et astronomique du zodiaque. Elle permet de passer de l’observation des mouvements célestes à leur représentation sur le cercle astrologique et fournit le repère à partir duquel sont définis les signes, les degrés et une grande partie des relations utilisées dans la carte du ciel.